L’améthyste nous préserve de l’ivresse

C’est un quartz aux délicates nuances violettes, une pierre semi- fine dont le nom grec amethustos signifie “qui préserve de l’ivresse” et nous l’appelons améthyste. Vincent Mériguet, lapidaire et créateur de bijoux 1, bd Georges Andrier à Thonon, nous assure qu’elle est en train de revenir à la mode “sous l’influence de la maison Chanel qui la met en vedette dans ses nouvelles collections de bijoux”.

Expert dans l’art de tailler les pierres (sauf le diamant), ce thononais est forcément à l’écoute de tout ce qui se passe dans le domaine de la joaillerie, puisque l’essentiel de son activité consiste à concevoir les bijoux qui séduiront les femmes.

 Amethyste-thonon-les-bains

Simplicité

“Trop souvent”, nous confie-t-il, “j’ai face à moi des gens qui viennent me voir pour expertiser une pierre et auxquels je suis obligé de révéler que celle-ci est de synthèse. Il ne s’agit pas nécessairement d’une acquisition récente, car la technique de l’imitation de certaines pierres, le rubis par exemple, remonte au siècle dernier”. Evidemment, la différence de prix entre une pierre précieuse et sa copie de synthèse est considérable.

Au-delà de cet aspect anecdotique qui doit toutefois inciter chaque acheteur à la prudence  et lui voir exiger, pour toute acquisition, un certificat de gemmologie, les modes ont une influence sur l’aspect des bijoux. Actuellement, les bagues (qui sont la spécialité de Vincent Mériguet) sont majoritairement ornées de pierres montées selon la technique du “serti clos”.

Celle-ci a le mérite de mieux maintenir et protéger que les traditionnelles griffes. La tendance est, d’une façon générale à la simplicité, à l’authenticité, aux bijoux portables en toutes occasions, même si certains ne conviendront qu’à un moment de fête.

Couleur

Si les diamants sont éternels aussi bien pour leur solidité que pour leur succès, ils ne sont cependant pas seuls à être appréciés. Des pierres de couleur offrent d’autres possibilités esthétiques et artistiques. Vincent Mériguet, pour sa part, avoue un faible pour de superbes saphirs. Là aussi, ce corindon connaît une variété de couleurs très étendue (du blanc au bleu très foncé en passant par le jaune, orange, vert, violet) et des nuances de prix extrêmement sensibles en fonction des teintes. Le saphir, comme le rubis, l’émeraude et le diamant, se classe dans la catégorie des pierres précieuses. L’améthyste, la topaze ou le béryl sont des  pierres semi- fines. D’autres pierres dures sont également utilisées dans les bijoux comme la malachite ou les opales. Elles sont prisées à la fois pour leur aspect et pour leur valeur d’ornementation.

Un bijou n’est pas un placement. Il est rare qu’on puisse le revendre un jour avec profit.

Si l’on recherche un investissement, mieux vaut se tourner vers son banquier que vers son joaillier. Ce que reconnaît Vincent Mériguet, c’est qu’en ce domaine, sans parler de notions spéculatives, la griffe du créateur a une valeur. Il n’évoque pas la sienne, mais la signature de grands noms parisiens établis place Vendôme. Sur des pièces d’exception, la marque de ces maisons produira un plus qui sera ressenti lors d’une vente , tout comme le fait que le bijou puisse avoir appartenu initialement à une personnalité connue lui ajoutera de la valeur. On l’a vu lors des enchères de la succession Jacky Kennedy-Onasis où le moindre objet de pacotille a atteint une cote délirante.

“Le plus beau bijou est celui que vous aimez ou aimerez. C’est le principe de base qui doit  conduire votre choix”.

                                                          LE   MESSAGER, en  date du 21 Novembre 1996