LAPIDAIRE D’ABORD, LAPIDAIRE ENCORE !

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Lapidaire : « artisan qui taille les pierres précieuses autres que le diamant ».

A 52 ans le créateur de bijoux thononais n’en démord pas. Il revendique haut et fort, encore et toujours son statut d’artisan lapidaire. En tout cas, il le place avant celui d’artisan créateur de bijoux qui est devenu, au fil des ans, celui de la raison sociale de son atelier-magasin au  1, boulevard Georges Andrier, qu’il partage avec son épouse Andrée.

“Homme à facettes” Vincent Mériguet est tombé dans la joaillerie et la taille des pierres précieuses à l’âge de 20 ans. Son métier il le découvre et le façonne tout d’abord chez Joz Roland, lapidaire parisien de renom, puis à Vichy, chez Alice Chatta, première ouvrier de France où il découvre les mille et une facettes du métier. Vincent Mériguet s’installe en 1983 dans la capitale des Gaules. Là, il réussit à pénétrer “le milieu très fermé de la joaillerie” et travaille notamment pour la célèbre maison Beaumont§Finet.

De retour au pays, il reprend en 1990 la bijouterie Henin à Thonon-les-Bains. Intarissable sur “l’art de faire chanter les pierres” cet artisan esthète vous expliquera en long et en large “que le principe selon lequel tout ce qui est rare est cher ne s’applique pas forcément aux bijoux taillés sur-mesure”.

Le lapidaire, précise Vincent Mériguet, reçoit des pierres ébrutées, coût de la main-d’oeuvre oblige : “on travaille pour des joailliers qui nous confient des bijoux anciens à modifier, ou des pierres à ajuster. On travaille aussi pour des particuliers en sur-mesure. Dans tous les cas, on doit retailler, polir. Le bon lapidaire est celui qui est capable d’ôter quelques centièmes de carat (un carat équivaut à 0,20 gramme). Pour les béryls (émeraudes et aigue-marines) tour en étain et abrasif suffisent”.
Pour Vincent Mériguet, le travail de la pierre précieuse se fait à l’oreille : “Il faut savoir écouter, lorsqu’un certain chant s’élève cela signifie qu’il est temps de passer au stade de polissage. »

Adepte du lapido-serti où deux pierres s’imbriquent l’une dans l’autre qu’il préfère aux classiques montures sur griffes, le créateur thononais est viscéralement attaché à la beauté des pierres plus qu’à leur valeur valeur marchande : “J’aime faire partager mon goût pour la subtilité des roses, verts, jaunes du saphir, des soi-disant bleu et du vert  printemps et translucide du  péridot, pierres par trop boudées en France. Considérée comme un défaut, “l’aile de papillon”, décompose la lumière comme un arc-en-ciel. Une pure merveille”.

      Article signé par ERMINE Jean-Claude
      DAUPHINE LIBERE en date du 20.07.2009